Sur les crêtes des Montagnes du Jura

Pour les puristes et les plus courageux, une balade sur les crêtes du Jura, ça s’attaque au pied du massif. Chaussures de rando, sac à dos, réserves d’eau, mollets affûtés et tout le toutim. Parce que ne vous illusionnez pas : dans « Montagnes du Jura« , il y a bel et bien « montagnes ». Et même si on est loin des vertigineux sommets éternellement enneigés d’en face, ça grimpe fort malgré tout. Du coup, et conscients de nos limites, pour sillonner la ligne de crête qui surplombe la Faucille, nous avons plutôt souscrit à l’option numéro 2 du programme « Balade sur les Crêtes ». A savoir : une télécabine qui nous propulse directement au sommet.

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Nous voici donc à la sortie du Télécombi du Montrond, au sommet du Col de la Faucille, par un beau matin du mois d’aout. C’est écrit dessus, le Petit Mont Rond culmine à 1533 mètres. On est encore loin du sommet des sommets du massif, à savoir le Crêt de la Neige voisin, qui se hisse quant à lui à 1720 mètres d’altitude, mais il n’empêche : la vue est tout simplement incroyable. A l’est, au-delà du Pays de Gex puis du Léman, et comme une fine dentelle, la ligne des sommets alpins (dont le Mont Blanc super star) souligne de blanc pur le bleu du ciel. Au loin sur le lac, on aperçoit même le fameux jet d’eau qui éclabousse Genève. A l’ouest, changement radical d’ambiance : la Vallée de Valserine s’étire au pied des douces courbes du Jura. Cet océan vert finit par se perdre dans les bleus, jusqu’aux lointains reliefs bourguignons qui bordent la Vallée de la Saône.

 

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Un panorama à couper le souffle

A gauche de l’émetteur de télévision qui irradie ses ondes médiatiques depuis le sommet du col jusqu’en Suisse Romande, nous nous penchons sur une table d’orientation qui décrypte ce vertigineux paysage. Un panorama à 360° que nous sommes d’ailleurs très nombreux à partager ici ce matin ! Hommes, femmes, enfants, groupes, familles, séniors, simples promeneurs ou randonneurs équipés comme pour un trek en milieu hostile : il y a un vraiment monde fou à cet endroit. Il faut dire que nous sommes sur un important point de jonction de sentiers et départs de balades. Cap au sud justement, direction le sommet du Colomby de Gex par le Grand Mont Rond qui culmine lui à 1614 mètres.

 

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Observer une faune et une flore exceptionnelles

Pas besoin de carte ni de boussole, il suffit de suivre la ligne de crête qui oscille entre creux et bosses sur lesquels serpente un sentier. Une trace à suivre entre pierriers, buissons et prairies fleuries. Nous sommes ici en limite de la Réserve Naturelle Nationale de la Haute-Chaîne du Jura et j’imagine quel garde-manger et terrain de jeu fantastiques ce doit être pour les résidents : lézards, grenouilles rousses, chevêchette, mais aussi chamois, lynx, aigles royal, cerf élaphe, gélinotte des bois et Grand tétras. On dénombre 209 espèces de vertébrés et près de 1000 sortes d’insectes sur ce territoire. Une faune d’une diversité exceptionnelle qui disparaît comme par magie, lorsque son territoire est investi par des bipèdes de notre espèce. Il faudrait un guide pour identifier leurs traces discrètes et avoir la chance de les apercevoir. Je regrette aussi de n’avoir aucune connaissance botanique pour reconnaître ce chardon, cette fleur violette, cette herbe qui embaume.

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Une balade pour revenir à l’essentiel

En solo, par groupe en file indienne, on se suit, on se croise, on se salue. Mais l’espace est si vaste et tellement ouvert que nul ne se gêne. Chacun à son rythme. On marche le nez au vent et les yeux grands ouverts face à ces paysages à couper le souffle. La balade paisible devient vite sportive pour peu qu’on accélère un peu la cadence. Alors on s’offre une pause. Comme cette famille, à l’ombre d’un bouquet d’arbre. Ou ce groupe qui a déplié sa nappe à carreaux à la pointe d’un vertigineux escarpement le temps d’un pique-nique, profitant ainsi de la plus fastueuse salle-à-manger qui soit.

Anne
A propos de l'auteur :

Anne

Ce qu’elle aime:  les belles histoires ! Rencontrer des gens, les écouter, comprendre leurs métiers, leurs passions, leurs vies, leur pays. Elle est aussi une fan de pique-nique. Elle aime poser sa nappe à carreaux dans une « salle à manger » grandeur nature. Anne aime se promener dans les villes, les mains dans les poches et le nez au vent. Elle aime aussi déguster des produits et des plats à l’endroit où ils naissent : un vin dans sa parcelle, un fromage dans sa cave d’affinage, un chocolat raconté par le chocolatier…etc. Les jolis décors et les belles maisons (hôtels, restaurants et chambres d’hôtes)

Ce qu’elle n’aime pas: la foule, le bruit des mobylettes, les appareils électroménagers…Les gens ronchons et blasés, qui ne s’émeuvent ni ne s’émerveillent de rien.

Son hobby insolite:  ne pas en avoir… sinon cultiver la gourmandise au point que les vignobles et spécialités culinaires guident souvent ses choix de voyages ou d’escapades. Et puis aller aux champignons sans pouvoir s’arrêter d’en cueillir. Ne le dites pas au garde-chasse !

Son meilleur souvenir dans les Montagnes du Jura: Une joyeuse semaine de vacances d’été avec sa tribu dans une ferme des Bouchoux. Un pique-nique nocturne et sous les étoiles avec un géologue qui lui a conté l’origine du massif entre deux gorgées d’un excellent Poulsard à température idéale.

Son  endroit préféré dans les Montagnes du Jura Voilà une question difficile. Un lieu est attaché à un souvenir, à une rencontre, à un événement. Et donc elle n’a pas un endroit préféré, mais une centaine ! Mais si elle ne devait en citer qu’un, ce serait peut-être les paysages si joliment vallonnés du côté des Molunes et de Bellecombes.



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