Jurassic balade à Loulle

Cette histoire de dinosaures et de plages tropicales dans les Montagnes du Jura, c’est quand même un truc fou. Bien sûr, il faut se projeter 155 à 200 millions d’années avant nous, mais il n’empêche, ça intrigue. Et ce qui est plus intrigant encore, c’est se dire qu’il en reste des traces. Du sel dans les sous-sols (comme on le voit encore à Salins-les-Bains) et même des empreintes de dinosaures ! Comme à Coisia et à Loulle.

Lapiaz-Loulle

Ici, se trouve une dalle calcaire en apparence anodine, mais sur laquelle des chercheurs ont révélé la présence de près de 1500 empreintes de dinosaures. Elles correspondent à 21 pistes de sauropodes (une superfamille d’herbivores quadrupèdes comme l’argentinosaure. Un géant de 36 mètres de long, c’est à dire encore plus grand que le diplodocus !) et 6 pistes de théropodes (des bipèdes par très sympas vu d’ici, car pour la plupart cruels et carnassiers comme le célèbre tyrannosaure). Les scientifiques ont même établi la présence d’un théropode géant, actuellement inconnu en Europe. A ce stade, avouons-le, on est bien content de ne pas l’avoir croisé celui-là 😉

Un lieu fragile

Autant dire que ce site discret et bien caché dans nos Montagnes du Jura est un témoignage précieux de l’histoire de la terre. Mais c’est aussi un site très fragile qui se visite donc depuis une passerelle et que décrypte des panneaux. On nous y explique ce milieu dans lequel évoluaient les dino : entre une barrière de récifs et une lagune de faible profondeur qui variait selon le niveau marin. Tout près de là, un autre site raconte la fabuleuse histoire du Jura. C’est le lapiaz de Loulle.

Lapiaz

Un paysage sculpté par l’eau

Au bout d’un champ, on devine une dalle rocheuse. Plus on approche et plus on réalise que cet endroit est incroyable ! Lézardé, lacéré, fissuré, troué de part en part, ce vaste solarium est comme sculpté par une main invisible. « A l’échelle d’un Playmobil, on se croirait dans un décor de film fantastique » remarque mon fils. Et c’est vrai. Des cavités mystérieuses se succèdent dans un enchevêtrement complexe. Elles forment un réseau de galeries souterraines miniatures.

– “Mais qu’est-ce qui a fait ça maman ?”.

– “C’est l’eau. Tout simplement. Tu sais, la roche ici est calcaire et très poreuse. En hiver, le gel écaille la pierre et l’eau de pluie, naturellement acide, stagne dans les bassins, dissout la pierre et finit par provoquer des fissures qui se creusent et s’élargissent. D’où cette érosion un peu… fantaisiste. Imagine qu’il a quand même fallu quelques milliers d’années pour que ce soit comme ça”.

Loulle-Jura

Le lapiaz, désertique et verdoyant

“C’est fou, dans les crevasses il y a plein de plantes, regarde maman !” Je glisse ma main dans une cavité, effectivement, c’est tapissé de mousse et de feuilles. Nous nous couchons sur la pierre, le nez dans une faille. Et puis une autre. C’est la forêt amazonienne en miniature ! A l’échelle de notre Playmobil, les fougères, mousses et autres lichens ont des airs de jungle luxuriante.  Il y a même une sorte de petit cactus aux feuilles toutes gonflées dont on apprendra plus tard qu’il s’agit d’Orpin blanc. Une plante qui stocke l’eau dans ses feuilles pour survivre à l’aridité. Car en surface, il faut reconnaître, c’est brûlant. Désertique et luxuriant à la fois, ce lapiaz est un drôle d’univers que nous explorons en changeant d’échelle pour mieux se raconter des histoires.

“ Viens par ici maman, on se croirait dans Jurassic Park ! ”. J’évite de justesse un vélociraptor et un vol de ptéranodons pour rejoindre mon petit explorateur.

 

Site à visiter : www.lejurassique.com

Anne
A propos de l'auteur :

Anne

Ce qu’elle aime:  les belles histoires ! Rencontrer des gens, les écouter, comprendre leurs métiers, leurs passions, leurs vies, leur pays. Elle est aussi une fan de pique-nique. Elle aime poser sa nappe à carreaux dans une « salle à manger » grandeur nature. Anne aime se promener dans les villes, les mains dans les poches et le nez au vent. Elle aime aussi déguster des produits et des plats à l’endroit où ils naissent : un vin dans sa parcelle, un fromage dans sa cave d’affinage, un chocolat raconté par le chocolatier…etc. Les jolis décors et les belles maisons (hôtels, restaurants et chambres d’hôtes)

Ce qu’elle n’aime pas: la foule, le bruit des mobylettes, les appareils électroménagers…Les gens ronchons et blasés, qui ne s’émeuvent ni ne s’émerveillent de rien.

Son hobby insolite:  ne pas en avoir… sinon cultiver la gourmandise au point que les vignobles et spécialités culinaires guident souvent ses choix de voyages ou d’escapades. Et puis aller aux champignons sans pouvoir s’arrêter d’en cueillir. Ne le dites pas au garde-chasse !

Son meilleur souvenir dans les Montagnes du Jura: Une joyeuse semaine de vacances d’été avec sa tribu dans une ferme des Bouchoux. Un pique-nique nocturne et sous les étoiles avec un géologue qui lui a conté l’origine du massif entre deux gorgées d’un excellent Poulsard à température idéale.

Son  endroit préféré dans les Montagnes du Jura Voilà une question difficile. Un lieu est attaché à un souvenir, à une rencontre, à un événement. Et donc elle n’a pas un endroit préféré, mais une centaine ! Mais si elle ne devait en citer qu’un, ce serait peut-être les paysages si joliment vallonnés du côté des Molunes et de Bellecombes.



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